Première femme a avoir couru un marathon

Kathrine Switer, la première femme à avoir couru un marathon, La photo a fait le tour du monde. Elle a surtout changé l’histoire du sport féminin. Invitée exceptionnelle de la 20e édition de la Parisienne, une course de 6,7 km dont les participantes s’élanceront demain (9 h 30) sur le pont d’Iéna, Kathrine Switzer, 69 ans, est devenue, presque par hasard, une icône de la lutte pour l’égalité des sexes dans le sport.

Quand on la compare à Rosa Parks — symbole du combat contre la ségrégation raciale aux États-Unis —, elle sourit. « Je suis avant tout une muse, une inspiratrice, souligne l’écrivaine et journaliste. Je me sens plus proche de Simone de Beauvoir que de Jeanne d’Arc. Rosa Parks, la femme qui a bravé l’interdit… oui, mais sur le coup, moi, je n’ai pas vu l’importance de cet événement. »

 

Nous sommes le mercredi 19 avril 1967. A l’époque, les femmes n’ont pas le droit de s’aligner au départ d’une course sur route, encore moins d’un marathon. D’ailleurs, aux Jeux olympiques, l’épreuve la plus longue réservée aux femmes est le… 800 m. Switzer, jeune étudiante en journalisme à New York, s’inscrit pourtant à celui de Boston. Les premiers hectomètres défilent comme dans un rêve. « Tout le monde m’encourageait, les hommes me disaient de continuer, qu’ils aimeraient que leurs femmes fassent la même chose », se souvient-elle. Mais alors qu’elle a déjà parcouru trois kilomètres, un homme, tout habillé de noir, se jette sur elle pour l’exclure de la course. Il s’agit de Jock Semple, l’organisateur. Finalement, ce dernier est repoussé par le coach et le petit ami de Switzer qui finira la course en quatre heures vingt. La New-Yorkaise, au désormais célèbre dossard 261, devient officiellement la première femme à courir et à terminer les 42,195 km d’un marathon.

 

 

 -

première femme a avoir couru un marathon avec dossard

 

 

« Quand j’y repense, je me dis que le hasard fait parfois bien les choses, sourit-elle. Je me suis inscrite avec mes initiales, non pas pour dissimuler mon prénom, mais parce que j’avais pris l’habitude de signer mes articles à l’université de cette façon. Je me rêvais en grand écrivain comme J.D. Salinger, E.E. Cummings. Je m’étais habillée sexy avec un short et un tee-shirt mais, le matin de la course, il a neigé et il faisait froid. J’ai souvent dit que s’il avait fait beau, l’histoire aurait été différente… » La sienne aussi.

 

« Quand j’ai commencé la course, j’étais une jeune fille innocente, à la fin j’étais devenue une femme, affirme Switzer qui, pour le 50e anniversaire de cet acte fondateur, s’alignera au marathon de Boston l’an prochain. Quand tu cours un marathon, tu vois ta vie défiler. Une fois la ligne passée, tu as l’impression d’être invincible. J’étais en colère, surtout contre les femmes. Pourquoi j’étais la seule à courir ? La course à pied rend les femmes libres. J’ai réalisé qu’elles avaient peut-être juste besoin d’une opportunité. » Son combat était trouvé. Depuis cette date, elle a couru et organisé des centaines de courses dans 27 pays, participé à l’entrée du marathon féminin au programme olympique en 1984. Enfin, il y a un an, elle a lancé sa fondation, 261 Fearless (www.261fearless.org) « qui soutient les femmes en difficulté à travers le monde ».
« Certaines femmes sortent de la misère grâce aux courses, se réjouit-elle. L’argent qu’elles gagnent sert à la communauté, à payer les vaccins, à construire des écoles. La course peut changer les choses. Je n’ai jamais eu d’enfant, par choix, mais je me considère comme la grand-mère de 2 ou 3 millions de coureuses. »http://www.leparisien.fr/sports/ile-de-france/cette-marathonienne-a-ecrit-l-histoire-10-09-2016-6108335.php  http://www.leparisien.fr/sports/ile-de-france/cette-marathonienne-a-ecrit-l-histoire-10-09-2016-6108335.php

source :Julien Lesage | | MAJ :

 

 

 

 

 

 

Laisser un commentaire